Quelle place citoyenne pour les personnes neuroatypiques ?
La participation politique est un enjeux structurant de toute démocratie. Indissociable de celle-ci, la question de la compétence politique des citoyennes citoyens est plus rarement débattue. Lorsqu’elle est placée sur le devant de la scène, c’est malheureusement principalement pour justifier l’exclusion d’une partie de la population du jeu politique. Dans cet article, je me réfère particulièrement à celles et ceux qui sont considérés comme non capables de discernement pour cause de leur handicap et ainsi privés de leur statut de citoyens et citoyennes.
What place do people with neuroatypia have in public society?
Political participation in a democracy is a crucial issue, often intertwined with the question of citizens’ political competence, a topic that doesn’t receive as much attention. When it does come up, it’s often used as a justification for excluding certain groups of people from participating in politics, particularly those who are considered incapable of making informed decisions due to disabilities, effectively denying them their status as citizens.

La politique touche tous les aspects de notre vie, et les décisions qui en découlent devraient reposer sur une compréhension approfondie des enjeux et des programmes. Cependant, la plupart d’entre nous, considérés comme aptes à voter et politiquement compétents, ont en réalité une connaissance limitée des détails de nos votes et choix. Les sociologues politiques ont souvent noté ce manque de compétence. Que devons-nous en conclure ? Faut-il revenir au suffrage censitaire ? Devons-nous priver davantage de citoyens de leurs droits ? Heureusement, les définitions traditionnelles et élitistes de la compétence politique, basées uniquement sur la connaissance du domaine politique, sont remises en question. Aujourd’hui, face à des enjeux urgents tels que la crise climatique, le simple désir d’agir peut suffire à guider un vote. Cette préoccupation peut toucher chacun, indépendamment de son neurotype, tout comme les luttes féministes et LGBTQI+. Les personnes neuroatypiques sont également concernées, souvent en situation de vulnérabilité, mais elles ont rarement l’occasion de s’exprimer sur les questions qui les touchent directement, bien qu’elles puissent les identifier à différents degrés. Heureusement, le monde politique commence à prendre en compte cette question, mais c’est encore un début.
Une initiative primordiale voit le jour en Suisse
Cette initiative, telle que décrite par le comité initiateur, vise à “ouvrir la voie à un changement de paradigme : tout le monde doit être en mesure de participer à la société, sans discrimination.” L’initiative pour l’inclusion vise à fournir aux personnes handicapées les ressources personnelles et techniques nécessaires pour qu’elles puissent, avec une assistance, s’impliquer pleinement et de manière autonome dans la société, la politique, l’économie et la culture, et ainsi développer leur potentiel. La collecte de signatures a débuté dans toute la Suisse le 9 septembre. J’encourage vivement toute personne sensible à la question démocratique et à l’inclusion à se renseigner sur leur site web : https://www.initiative-inclusion.ch/
Policies have far-reaching impacts on various aspects of our lives, and decisions should ideally be made based on a deep understanding of the issues and programs at stake. However, most of us who are considered eligible to vote and politically competent have only a limited understanding of the intricacies of our votes and choices. Political sociologists have observed this limitation repeatedly: we lack sufficient political competence. So, what should we do about this? Should we consider returning to property-based suffrage, or should we further restrict the rights of citizens?
Fortunately, traditional and elitist definitions of political competence, based solely on knowledge of the political landscape, are being challenged. In today’s context, such as the climate crisis, the desire to take action on an issue can be a sufficient guide for a vote. This concern is relevant to everyone, regardless of their neurotype, just as it is for feminist and LGBTQI+ movements. Neuroatypical individuals are often affected, and they are rarely given a say on issues that directly concern them despite their varying degrees of capability to identify these issues. That’s why it’s crucial to integrate them into civic life.
A significant initiative is underway in Switzerland
This initiative, as described by the organising committee, aims to “pave the way for a paradigm shift: everyone should be able to participate in society without discrimination.” The inclusion initiative intends to provide individuals with disabilities the personal and technical support they need to engage fully and independently in society, politics, the economy, and culture, allowing them to realise their potential. Signatures are being collected across Switzerland starting on September 9th. I encourage anyone interested in democracy and inclusion to learn more on their website: https://www.initiative-inclusion.ch/

Legend « Demosthène et Cicéron, deux orateurs majeurs de l’Antiquité romaine. »
Image Caption: “Demosthenes and Cicero, two prominent orators from Roman Antiquity.”
Comment « Oh Josh » souhaite contribuer à l’inclusion dans le future ?
Je pense que leur présence dans la sphère publique représente un pas important, notamment dans le domaine du journalisme. Si nous leur ouvrons la porte pour participer à des chroniques et des interviews, cela permettra au public de les découvrir au-delà de leur handicap et de comprendre la complexité de notre humanité commune. Initialement, cela pourrait concerner des sujets plus légers, comme des interviews de personnalités, où leurs aspirations, désirs, passions et préférences seraient confrontés et comparés, ce qui constitue déjà un acte politique et un débat en soi. C’est pourquoi le prochain projet d’Oh Josh est de créer des podcasts et des interviews animés par des journalistes neuroatypiques.
How can “Oh Josh” contribute to political inclusion?
I believe their presence in the public sphere can be a significant initial step, particularly in journalism. Let’s open doors for them to participate in columns and interviews. It will enable the public to see them beyond their disabilities and understand the complexity of our shared humanity. Initially, this might involve lighter subjects like interviewing public figures to explore and compare their aspirations, desires, passions, and preferences, which is already a political act and a form of debate. That’s why Oh Josh’s next project is to create podcasts and interviews conducted by neuroatypical journalists.